Les Bastides du Rouergue

A l’ouest de l’Aveyron, entre Causse et Ségala, où alternent plateaux, vallées et gorges, le les Bastides du Rouergue recèle un patrimoine paysager, urbanistique, architectural et mobilier d’une grande diversité.

La Bastide-l’Évêque

Fondée en 1280 par l’évêque de Rodez Raymond de Calmont pour concurrencer Villefranche-de-Rouergue, la bastide est construite sur un plateau granitique qui domine les gorges de l’Aveyron où de nombreux martinets (forges hydrauliques) battaient le cuivre au Moyen Âge. Ce village de caractère a conservé son plan, typique des bastides, aux rues qui se coupent à angle droit. Sur la place centrale se dresse l’église Saint-Dalmas.

Au XIIIe siècle, la vallée voisine du Lézert était le cadre d’une activité industrielle particulière : une quinzaine de martinets (forges hydrauliques) fonctionnaient et fabriquaient la « coupe noire » qui servait à la réalisation de chaudrons. L’une de ces forges, le martinet de la Ramonde, a été entièrement remise en état de fonctionnement. Aujourd’hui le site est devenu un lieu de visite incontournable de la région.

La Bastide-l’Évêque est une terre d’accueil par excellence. La diversité de son patrimoine architectural satisfera les amateurs de vieilles pierres : églises, châteaux, ponts, moulins… sont à portée de main. Les nombreux sentiers balisés permettent de profiter pleinement de la campagne. Et l’on peut goûter à la gastronomie locale dans ses restaurants et aussi sur ses marchés de producteurs de pays. L’été, la bastide s’anime : fêtes estivales traditionnelles, festival en Bastides, marché nocturne du Martinet.


Najac

Najac s’étire tout au long d’une rue unique. Le village est perché sur une arête rocheuse d’une longueur exceptionnelle. Tout au bout, l’imposant château fort. Au bas, les méandres de la rivière Aveyron.

Najac est un village vert, entouré de forêts qui été comme hiver, offrent des tonalités étonnantes et variées. L’élargissement de la rue devenant une vaste place témoigne de sa transformation en bastide au milieu du XIIIe siècle. Tout le long de la rue vous n’aurez de cesse d’admirer le grand nombre de maisons anciennes et au passage une remarquable fontaine du XIVe siècle encore en place.

Le château royal de Najac construit au milieu du XIIIe siècle est l’œuvre d’Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis. Classé Monument historique ce château faisait parti d’un réseau de châteaux royaux situés dans la vallée de l’Aveyron. Il est la manifestation de la mainmise royale sur Najac après l’épisode Cathare. Les templiers seront enfermés dans un cul de basse fosse du château après leur arrestation en 1307.

Bien qu’inoccupé depuis de nombreuses années le château est encore très bien conservé. Le donjon circulaire, œuvre d’Alphonse de Poitiers, était défendu par des archères de près de 7 mètres de hauteur, les plus hautes de France ! Les amateurs de mystères apprécieront le couloir étroit barré de plusieurs portes, aménagé dans la muraille qui conduit du nouveau donjon à l’ancien, un véritable passage secret ! Montez sur la terrasse, vous aurez un magnifique panorama sur l’Aveyron et le village.


Rieupeyroux

Le bourg initial, une sauveté (ou lieu d’asile), a été fondé en 1030 par la puissante abbaye bénédictine Saint-Martial de Limoges sur une ancienne terre seigneuriale du Ségala. Sa visite vous permettra de découvrir une trame urbaine orthogonale qui conserve des vestiges civils du Moyen-Age : arcades de la place du Gitat, maisons à pans de bois, fontaine du Griffoul. En sillonnant les petites rues étroites vous arriverez à l’église Saint-Martial, classée aux Monuments historiques. Reconstruit au XIVe siècle, l’édifice, par son dispositif de défense, est l’un des rares et plus remarquables exemples d’architecture fortifiée de la France méridionale.

À Rieupeyroux, c’est le retour aux choses simples. On profite de ses vacances pour retrouver les plaisirs de la nature en empruntant les sentiers de randonnées à pied, à vélo ou à cheval. On se délecte des produits locaux en visitant les fermes du Ségala où l’on échange autour d’un bon goûter. C’est l’endroit parfait pour des vacances en famille.


Villefranche-de-Rouergue

Tout comme la forteresse de Najac, Villefranche-de-Rouergue a été fondée en 1252 par Alphonse de Poitiers, Comte de Toulouse et frère du roi Saint Louis. La ville présente sur une grande échelle le plan caractéristique des villes neuves de cette époque, un quadrillage de rues avec au centre une place, lieu privilégié de la vie religieuse et publique.

Votre déambulation dans les rues étroites de la bastide vous conduira infailliblement vers la place centrale, cœur de la ville. Place bordée par les couverts caractéristiques des bastides et par le porche démesuré de la Collégiale.

Le centre ancien de la bastide laisse découvrir la place Notre Dame et ses couverts, la collégiale et son puissant clocher-porche, les ruelles médiévales ainsi que les maisons des riches marchands dont les portes et tours symbolisaient au XVe siècle la position sociale de ses habitants.

Outre le spectaculaire clocher-porche enjambant la rue publique on pourra admirer son portail avant de pénétrer dans la nef unique, caractéristique du gothique méridional. C’est au fond de l’église dans le chœur que se trouve le chef d’œuvre de la collégiale : les stalles d’André Sulpice. Au nombre de 62, ces stalles illustrent la vision de tout un monde médiéval qui mêle fantasme, truculence et scènes anecdotiques de la vie quotidienne. Montez les 163 marches et admirez la vue imprenable sur la ville.

La chapelle des Pénitents Noirs, chapelle baroque conserve une grande simplicité à l’extérieur : taille modeste, plan en forme de croix grecque, façade classique, élégant clocheton ; elle n’en surprend pas moins par la profusion de son décor intérieur ! La voûte en bois peint de couleurs très vives et dans un style naïf fait référence au culte de la Croix. Le retable en bois sculpté, doré à la feuille, représente des scènes de la vie du Christ.

Lors de votre séjour, ne manquez pas le marché du jeudi matin sur la place Notre-Dame.


Villeneuve-d’Aveyron

Deux histoires se racontent à Villeneuve : celle de la sauveté construite autour de son église en 1053 et celle de la bastide développée par le Comte de Toulouse, Raymond VII à partir de 1231. Cette spécificité donne une architecture particulière et attrayante à la ville. On pénètre dans Villeneuve par l’une des quatre tours dont deux sont restées intactes. En empruntant les ruelles étroites et régulières vous apprécierez l’architecture typique des bastides. Inévitablement, vous arriverez sur la place centrale, la place des Conques. Là, le temps s’arrête et on admire les maisons moyenâgeuses et Renaissance avec leurs arcades en ogives. L’architecture de l’église du Saint-Sépulcre vous surprendra peut-être : en effet, au XIVe siècle, l’abside de l’édifice roman a été détruit pour y construire une nef gothique beaucoup plus lumineuse.